L’instabilité antérieure de l’épaule est définie comme l’altération des moyens de stabilisation statique de l’articulation scapulo-humérale, c’est-à-dire par distension ou rupture des ligaments antérieurs de l’épaule (ligaments gléno-huméraux supérieur, moyen, et inferieur).
C’est instabilité peut être spontanée et congénitale, parfois favorisée par une hyperlaxité. L’hyperlaxité ne doit pas être confondue avec l’instabilité, mais elle peut lui être associée.
Le plus fréquemment, l’instabilité est post-traumatique,
- Parfois de début très brutal, avec la classique luxation antéro inférieure de l’épaule, très fréquente en cas de chute, d’accident, ou de traumatisme sportif.
- Parfois, le traumatisme n’est pas aussi franc, et l’instabilité pourra alors se manifester sans luxation vraie, mais avec des sensations de subluxation.
Le maitre-symptôme est la sensation que l’épaule va se déboîter. Lorsqu’elle se déboîte complètement, réalisant le tableau de luxation vraie de l’épaule, cela nécessitera une consultation urgente pour remettre -on dit « réduire » - l’épaule.
Parfois, l’épaule ne se déboîte pas complètement, et le patient décrit ressentir son épaule qui « sort et qui re rentre brutalement » (tableau de luxation réduction spontanée), ou simplement l’épaule qui est sur le point de sortir, mais ne sort pas (tableau de subluxation). Cette sensation est très désagréable, parfois décrite comme une sensation de faiblesse de l’épaule, avec très souvent une appréhension à la réalisation de certains mouvements.
Dans certains cas, l’instabilité n’est pas ressentie par le patient qui ne décrit que des douleurs. Ce contexte est classé sous le terme d’« épaule douloureuse et instable », souvent lié à des lésions ligamentaires mineures, de diagnostic difficile, et très souvent source d’errance diagnostique.
Il repose sur la réduction de l’articulation, parfois spontané, mais très souvent nécessitant l’intervention d’une tierce personne, parfois sous sédation, voire anesthésie générale.
Lors du premier épisode de luxation, l’immobilisation après réduction est la règle, dite « immobilisation coude au corps », et doit être maintenue durant 3 à 4 semaines. En cas de non-respect de cette immobilisation, la récidive rapide de la luxation est fréquente, et le risque d’instabilité définitive est plus élevé. À l’issue de cette phase d’immobilisation qui contribue à la cicatrisation des ligaments, l’épaule est très souvent enraidie (perte de mobilité active et passive), et nécessite alors une phase de plusieurs semaines de kinésithérapie, permettant de retrouver une mobilité complète, très souvent une indolence, de restaurer la musculature altérée par la phase d’immobilisation, et dans 70 % des cas de retrouver une épaule stable, c’est-à-dire qui ne présentera plus ni luxation vraie ni sensation d’instabilité. Parfois malheureusement ce traitement médical initial ne permet pas la stabilisation optimale de l’épaule, et on assiste alors à des récidives de luxations vraies ou d’épisodes d’instabilité non luxante, ou simplement à des douleurs lors d’activités sportives. Il est alors très rare que la kinésithérapie et le renforcement musculaire puissent, par l’optimisation des éléments de stabilité dynamique de l’épaule, compenser la perte des moyens de stabilité statique, et la prise en charge et alors très souvent chirurgicale
Elle repose principalement sur deux techniques
Simple dans les épaules douloureuses et instables
Associée à un Remplissage de l’encoche postérieure
La détermination de l’une ou l’autre technique doit être le choix du patient en fonction de l’information dispensée par le chirurgien. De nombreux critères permettent au chirurgien de vous orienter vers la technique qui vous sera la plus adaptée, au premier plan desquels figurent :
- L’âge du patient,
- Le côté dominant ou non-dominant de l’affection (droitier/gaucher),
- La pratique sportive, son type, et éventuellement une pratique de compétition,
- Ainsi que certaines lésions à l’arthroscanner, tel qu’une encoche humérale postérieure de Malgaigne ou une lésion osseuse glénoïdienne.
- 2 à 3 incisions cutanées de 1 à 2 cm
- Retente ligamentaire antérieure et inférieure
- Remplissage de l’encoche postérieure
- Immobilisation postopératoire d’un mois environ
- Reprise sportive à partie de 3 à 6 mois
- 1 incision antérieure de 6 cm environ selon le patient
- Ostéotomie de l’omoplate à la base de l’apophyse coracoïde
- Transfert au travers du muscle sous scapulaire et fixation de la coracoïde sur la glène antérieure
- Associée à une triple retente ligamentaire
- Immobilisation courte
- Reprise sportive à partir de 3 mois
- Stabilisation majeure / indiquée pour les sports « à risque »
N'hésitez pas à prendre rendez-vous pour toute instabilité antérieure de l'épaule au sein d'ICOS Marseille.