Il s’agit d’une pathologie un peu particulière, à l’intersection de la pathologie arthrosique et de la pathologie tendineuse. La traduction de cet anglicisme pourrait être « arthrose en rapport avec une rupture des tendons de la coiffe des rotateurs ». Or, l’arthrose c’est l’usure du cartilage, et dans la majorité des cas, les ruptures de tendon n’ont pas de conséquences sur le cartilage.
Dans ce tableau clinique particulier, consécutif à des rupture massives, anciennes et dégénératives de la quasi-intégralité des tendons de la coiffe des rotateurs, l’épaule se comporte, sur le plan des symptômes, exactement comme une épaule présentant une forme d’arthrose très évoluée appelée omarthrose excentrée.
De même, la prise en charge thérapeutique de ce tableau clinique de faillite tendineuse très évoluée fera appel dans la majorité des cas aux mêmes traitements que dans les arthroses de l’épaule (omarthroses).
Les symptômes habituellement présents sont :
- Une douleur d’épaule, parfois majeure
- Une impotence fonctionnelle (perte de fonction et d’amplitude, incapacité à se servir du bras), pouvant aller jusqu’au tableau d’« épaule pseudo-paralytique »
- Une importante diminution de la force en rotation externe
- Une incapacité à mettre la main dans le dos, par perte de la rotation interne
- La radiographie suffit habituellement à poser le diagnostic, et associe :
o Une absence de signes d’arthrose
§ absence d’altération des surfaces cartilagineuses,
§ absence d’ostéophytes,
§ absence de pincement articulaire et de géode sous chondrale, que ce soit sur le versant glénoïdien ou sur le versant huméral.
o Une ascension de la tête humérale, avec
§ rupture du cintre omo-huméral,
§ diminution de l’espace sous-acromial pouvant aller jusqu’à un contact acromio-huméral.
- L’échographie confirme la rupture étendue des tendons de la coiffe des rotateurs, touchant nécessairement le tendon sus-épineux et le tendon-sous épineux, et à un degré variable le tendon sous-scapulaire. Le tendon Long biceps peut être rompu, luxé, ou préservé.
- L’arthroscanner n’est, dans ce contexte, habituellement pas nécessaire au diagnostic, mais sera une aide indispensable à la prise en charge thérapeutique.
- L’I.R.M. peut pour certains remplacer l’arthroscanner.
Les moyens mis en œuvre seront déterminés par la prédominance de certains symptômes par rapport à d’autres. En fonction de la présence principale de douleurs invalidantes d’une part, ou d’une plainte principalement liée à une perte de mobilité ou à une perte de force, ou dans les cas les plus avancés une plainte associant des douleurs atroces et une perte majeure de mobilité (épaule pseudo-paralytique) pourront être mis en œuvre :
11 - Des traitements médicaux :
En cas d’insuffisance ou d’échec des traitements médicaux à atténuer ou faire disparaître les symptômes, seront alors proposé, toujours en fonction des symptômes principaux :
22 - Des traitements chirurgicaux
- Ténotomie arthroscopique du tendon long biceps, afin d’essayer de diminuer les douleurs lorsque ce tendon n’a pas rompu de concert avec les autres tendons de la coiffe des rotateurs
- Transfert musculo-tendineux de Grand dorsal, parfois indiqué dans des indications très limitées, afin de diminuer la douleur et augmenter certaines amplitudes, notamment en rotation externe. Les indications restent assez rares.
- Prothèse Totale d’Épaule Inversée (PTEI) : c’est le traitement de choix de la Cuff Tear Arthropathy, permettant de retrouver de la mobilité d’épaule et de diminuer de façon importante les douleurs, jusqu’à très souvent les faire disparaître.