En dehors des traumatismes avec fracture récente, la chirurgie de l’épaule par prothèse concerne la prise en charge de l’arthrose de l’épaule (« omarthrose »).
L’arthrose est définie par une usure progressive pouvant aller jusqu’à la disparition complète du cartilage d’une articulation. Nous verrons ci-dessous qu’un des tableaux cliniques appartenant à ce chapitre des prothèses d’épaule pour arthrose échappe quelque peu à cette stricte définition.
soit parce que l’arthrose est très évoluée, non accessible efficacement aux traitements médicaux, et avec comme principaux symptômes des douleurs non contrôlée par le traitement médical et une raideur articulaire majeure se manifestant par une grande perte de mobilité et un handicap fonctionnel marqué,
soit parce que le patient est en échec d’un traitement médical bien conduit durant plusieurs années et qui ne trouve donc pas de solution à la persistance de ces douleurs. Avant le recours à la prothèse, il conviendra donc de bien vérifier que le patient a réalisé un parcours médical associant à divers degrés :
des antalgiques et anti-inflammatoires,
des infiltrations de corticoïdes et de produits « lubrifiants » visco-supplémentation,
des injections de PRP éventuellement, dans certaines indications,
de la kinésithérapie,
et d’éventuelles autres thérapeutiques non conventionnelles et non allopathiques, manuelles ou autres.
Parfois, avant le recours à la prothèse, une chirurgie « intermédiaire », « palliative pour limiter les douleurs », peut être proposée à certains patients, pour retarder la prothèse, et consiste en un lavage arthroscopique +- associé à une ténotomie du tendon long biceps sous arthroscopie +/- acromioplastie arthroscopique
Physiopathologie de l’arthrose de l’épaule (« omarthrose »)
Omarthrose centrée
Il s’agit de la variété d’arthrose d’épaule, la plus simple, caractérisé par une usure du cartilage de l’articulation scapulo-humérale. Dans cette variété d’arthrose, le système effecteur de la mobilité, c’est-à-dire les muscles des tendons, sont préservés, et seul, le cartilage est usé, dégénératif, à l’origine des symptômes.
La prothèse utilisée devra donc s’attacher à supprimer les douleurs en lien avec cette usure cartilagineuse.
Il s’agit donc des prothèses dites « anatomiques ».
Omarthrose excentrée
Dans cette variété d’arthrose de l’épaule, il s’associe à l’usure du cartilage, une usure importante avec rupture des tendons de la coiffe des rotateurs.
Cela a pour conséquence une ascension vers le haut de la tête humérale, réalisant donc le tableau d’excentration de la tête humérale, équivalent à une subluxation, en plus des lésions cartilagineuses importantes.
Dans ce cas-là, aux douleurs et raideurs avec perte de mobilité importante s’associe très souvent une perte de force majeure et invalidante.
La prothèse utilisée va donc s’attacher, en plus de supprimer les douleurs en lien avec l’usure cartilagineuse, à restaurer un mouvement alors même que les muscles et tendons de l’épaule sont irréparables et non fonctionnels.
Il s’agit des prothèses « totale inversée »
« Cuff Tear Arthropathy »
Il ne s’agit pas à proprement parler d’une arthrose de l’épaule, puisque dans ce tableau clinique, le cartilage est indemne de toute lésion ou très peu usé. Par contre mesure, mesure majeur des tendons de la coiffe des rotateurs provoque une ascension humérale, comparable à celle observable, observer dans le muse excentrée avec des symptômes identiques, douleur, perte de mobilité et perte de force.
Le traitement reposera là encore sur les prothèses, dites inversées
Elle vise à remplacer la ou les surfaces cartilagineuses usées. On en compte deux types principaux :
Prothèse Anatomique Totale : nécessite le positionnement d’un implant métallique sur humérus et d’un implant polyéthylène sur l’omoplate.
Prothèse Anatomique Humérale Simple en Pyrocarbone
Nouvelle génération de prothèse
Seul le cartilage huméral est remplacé
Simplicité de pose / diminution des complications opératoires
Épargne du stock osseux / intérêt chez le sujet jeune
Inconvénient : ne convient pas aux usures majeures
Lorsque l’indication prothétique est bien posée, le résultat va être très satisfaisant chez la majorité des patients, en termes de diminution des douleurs et de recouvrement d’une mobilité fonctionnelle.
La reprise d’activité sportive et parfois possible.
Avec le temps, la prothèse peut présenter une usure, et un suivi est donc indispensable sur le long cours. Lors d’une usure importante à long échéance des implants, une reprise chirurgicale pour remplacement prothétique peut parfois être nécessaire.
Le principe de ses prothèses est basé sur la modification du centre de rotation, de l’articulation scapulo-humérale pour permettre le recrutement du muscle deltoïde en remplacement des tendons de la coiffe des rotateurs non fonctionnels.
Pour cela, nous utilisons des implants ayant pour spécificité d’être constitués d’une sphère métallique positionnée sur l’omoplate, et d’une cupule polyéthylène positionnée sur l’humérus, c’est-à-dire strictement l’inverse de la constitution d’une épaule normale.
Cette chirurgie a révolutionné le pronostic fonctionnel des épaules, présentant des destructions cartilagineuses et tendineuses majeure, avec des résultats, impressionnant sur la diminution des douleurs, mais également sur la restauration de la mobilité.
Cela en fait même désormais l’indication de choix dans certaines aux omarthroses centrées des sujets très âgés, compte-tenu d’une diminution de la variabilité des résultats, très souvent très satisfaisants, et avec une diminution notable des complications et des reprises chirurgicales.
Suites opératoires de la chirurgie prothétique de l’épaule
L’hospitalisation est de courte durée, rarement réalisable en ambulatoire dans certains cas
Des douleurs sont bien contrôlées durant la phase initiale par les techniques de cathétérisme nerveux.
L’immobilisation postopératoire et d’un mois pour l’épaule, pour permettre la cicatrisation des parties molles, péri, articulaires, sur le tendon sous scapulaire
La kinésithérapie commence environ vers la quatrième semaine et peut se faire :
en centre de rééducation fonctionnelle
en hospitalisation complète
ou en externat (allers retours quotidiens)
en cabinet de kinésithérapie
parfois au domicile
Au troisième mois, le gain sur la mobilité préopératoire est classiquement important et appréciable, et il ne cessera d’augmenter durant les 3 à 6 mois qui suivront.
De même, la douleur, après une phase de diminution postopératoire, puis de réapparition lors des premières phases de la kinésithérapie, aura grandement diminué à partir du troisième mois.
Vous pouvez prendre rendez-vous chez ICOS avec le docteur RIERA pour une consultation.