Il s’agit de l’usure du cartilage, des surfaces articulaires, constituant l’articulation acromio-claviculaire, c’est-à-dire entre la clavicule en dedans, et l’acromions en dehors.
La symptomatologie de cette arthrose peut fréquemment démarrer à un âge, relativement jeune par rapport aux autres articulations touchées par de l’arthrose. On peut ainsi fréquemment commencer à en souffrir vers l’âge de 35 ans, sans nécessairement présenter de pathologies prédisposantes, ni même d’antécédents familiaux. Cependant, on retrouve fréquemment des activités sportives, parfois intensives, et parfois des antécédents de traumatisme de l’épaule.
De même, cet arthrose est très fréquente dans les suites d’une disjonction acromio-claviculaire (luxation acromio-claviculaire).
Une forme particulière est fréquemment retrouvée chez les haltérophiles ou les CrossFiteurs , dans les suites d’exercices de musculation de type développé-couché, réalisant un mécanisme proche de la disjonction acromio-claviculaire, sans disjonction, mais avec très fréquemment des lésions cartilagineuses, et qui conduiront par la suite à l’instauration d’une réelle arthropathie, symptomatique de façon chronique ou épisodique.
C’est la seule douleur de la ceinture scapulaire spécifiquement située sur le dessus de l’épaule.
La douleur est élective, typiquement localisé sur l’articulation acromio-claviculaire, avec parfois des irradiations en avant et en arrière de celle-ci, mais c’est la palpation de l’articulation qui très souvent fermer un diagnostic simple et rapide.
Il n’est pas rare que les patients décrivent des douleurs et parfois même des sensations d’engourdissements qui peuvent aller jusqu’au pouce, sans explication physiopathologique précise.
La radiographie standard peut aider au diagnostic et montre parfois, plutôt dans les formes évoluées, des signes typiques d’arthrose, avec une irrégularité des berges articulaires, des ostéophytes, parfois des géodes sous chondrales, un pincement articulaire inconstant, parfois remplacé par un élargissement articulaire. La négativité de la radiographie n’élimine pas le diagnostic.
L’échographie peut également aider dans les formes à radiographie normale, montrant les conséquences de l’inflammation articulaire, avec un épaississement des ligament acromio-claviculaires, parfois un bombement de ces ligament sous l’effet de l’épanchement articulaire, et avec parfois un effet doppler positif, témoin de cette inflammation. Là encore, une échographie normale n’élimine pas le diagnostic en dehors de la période de poussée inflammatoire.
Le Scanner ou l’arthroscanner n’ont pas une grande utilité, montrant les signes d’arthrose, très souvent déjà visible en radiographie dans les formes évoluées, mais n’ayant pas une grande sensibilité pour les formes débutante ou ces examens sont souvent normaux.
En revanche, l’I.R.M. Montre, un hypersignal important de l’articulation acromio-claviculaire, avec parfois également un hypersignal des héberge osseuse, acromial et claviculaire, témoin de cette souffrance ostéoarticulaire. L’I.R.M. présente. Par ailleurs, comme intérêt d’éliminer un diagnostic différentiel, ou d’apporter des éléments quant à une possible, association lésionnelle (lésion tendineuse, bursite, etc.…).
Le meilleur « examen de diagnostic » est la réalisation, au mieux sous échographie (ou sous scopie) d’une infiltration acromio-claviculaire, à visée à la fois diagnostique et thérapeutique. La réponse ou l’absence de réponse (disparition ou diminution des symptômes Versus persistance inchangée des symptômes) à cette infiltration permet d’incriminer ou de discriminer cette articulation comme étant à l’origine de tout ou partie des douleurs que présente le patient.
C’est très souvent à l’issue de cette infiltration que peut-être décidée la suite de la conduite à tenir thérapeutique à proposer aux patients
Le traitement repose sur cinq étapes, allant des thérapeutiques les plus légère jusqu’à la chirurgie :
1- Traitement par le mépris (vivre avec la douleur si supportable / pas de risque de perte de chance / aucune urgence thérapeutique / aucun traitement préventif reconnu)
Peut-être associé à cela des prises en charge non allopathiques type ostéopathie, mésothérapie, acupuncture, application de crème anti-inflammatoire, massage, etc.…
2- Traitement symptomatique des douleurs par les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens
3- Traitement infiltratif
a. Infiltration de corticoïdes retard
b. Visco-supplémentation, hors recommandations et hors AMM
c. Injection de PRP, hors recommandations et hors AMM
4- Traitement chirurgical
Il consiste en une résection du quart externe de la clavicule, permettant de diminuer les conflits réguliers entre la clavicule et l’acromion, source d’inflammation et de douleur.
Cette intervention peut être réalisée, suivant les cas, sous arthroscopie ou à ciel ouvert.
L’arthroscopie a notre préférence lorsque d’autres gestes doivent être associés, notamment une réparation de la coiffe des rotateurs ou une acromioplastie.
La chirurgie à ciel ouvert reste très intéressante et a notre préférence lors d’une arthropathie acromio-claviculaire isolée, avec des suites habituellement plus simples et plus rapides.
Les suites opératoires nécessitent une mise au repos relative durant six semaines de l’épaule, avec néanmoins une préservation des mouvements de la vie quotidienne, ainsi qu’une rééducation précoce pour éviter un enraidissement capsulaire (capsulite)